Parentalité bienveillante: est-ce vraiment préparer son enfant à la réalité ?
Il y a peu, je suis tombée sur un commentaire sur internet qui m’a fait réfléchir.
Une maman se demandait si éduquer son enfant dans la bienveillance lui rendait vraiment service sachant que le monde qui nous entoure ne l’est pas ?
Cette question m’a un peu chamboulée.
En fait, je la trouve plutôt légitime.
Ca m’a fait penser à cette idée qu’on entend parfois qu’en éduquant à « la dure », l’enfant sera mieux préparé à faire face à l’adversité.
Est-ce qu’en cherchant à bien faire, je ne suis pas en train de donner à mon enfant une vision trop douce de la vie ?
On parle beaucoup de parentalité bienveillante, mais je me demande parfois si elle prépare vraiment mon enfant à faire face aux frustrations et aux contraintes de la vie.
Ce qu’on entend souvent sur la parentalité bienveillante
On entend souvent qu’il faut :
- accueillir les émotions de l ‘enfant
- essayer de les comprendre
- rester calme…
Je suis en accord avec ça et j’essaie vraiment de l’appliquer la plupart du temps.
Dans la réalité, le monde n’est pas toujours bienveillant
Mais en même temps, je me dis que plus tard, ses camarades de classes, ses instituteurs…eux ne seront pas toujours aussi patients.
Les adultes autour d’elle n’auront pas forcément cette façon de faire. Parfois, ils n’auront même pas le temps.
Alors, je me demande : est-ce que je l’aide vraiment comme ça ou est-ce que je ne la fragilise pas sans le vouloir?
En cherchant un peu, j’ai trouvé des éléments de réponse.
Ce que disent les recherches sur la bienveillance et le développement de l’enfant
Isabelle Filliozat et Catherine Gueguen expliquent que lorsque l’enfant se sent compris, son cerveau apprend progressivement à réguler ses émotions.
D’autres travaux, notamment ceux de John Bowlby et Mary Ainsworth, montrent aussi que la sécurité affective permet à l’enfant de développer davantage de confiance en lui et d’autonomie.
Ma façon de voir la bienveillance aujourd’hui
Donc, en théorie, le fait d’accueillir ses émotions ne la rendrait pas plus fragile.
Au contraire, cela peut être une base importante pour qu’elle développe peu à peu sa capacité à faire face aux difficultés, aux frustrations et aux limites.
Je ne dis pas ici que je veux lui éviter toute frustration ou opposition.
Ce que je cherche, c’est plutôt de lui donner des bases suffisamment solides, pour qu’elle puisse les traverser quand elles se présenteront tout au long de sa vie.
Pas lui éviter la réalité, mais lui donner les moyens d’y faire face.
